La colonne de la Grande Armée

La mémoire napoléonienne au cœur du Boulonnais

La colonne s'élève au centre d’un parc au sein duquel se trouve un musée sur l'histoire de la Colonne et de la Légion d'Honneur. Le site comprend aussi une allée monumentale face à l'entrée. Le tout forme le « domaine » de la Colonne de la Grande Armée, propriété de l’État, gérée par le Centre des Monuments Nationaux
Venez apprécier l'ordonnancement du parc, la vue imprenable que l'on a du haut de la colonne et après cette expérience sensible, venez en apprendre plus sur l'histoire du monument et l'ordre de la Légion d'Honneur dans le musée.

Dès 1810 est prévu un jardin à la française avec 4 parterres carrés entourant la colonne, des allées et des plantations d’arbres sur la périphérie du domaine.
Ce projet ne reprend son cours qu'en 1850 ; des tamaris, plante exotique de bord de mer, sont plantés dans les 4 parterres. C'est encore le cas. Différentes essences d'arbres sont plantées sur le pourtour délimité par un mur d'enceinte.
Le parc est fortement endommagé pendant la Seconde Guerre Mondiale se voit repris en 1955.
Des hêtres, des marronniers, des érables et des peupliers sont replantés dans les talus et le taillis.
Mais c'est en 2008 qu' a lieu une rénovation complète du parc : les parterres sont replanté de tamaris et entourés d’ifs.

Pendant le camp de Boulogne, et suite à la cérémonie de remise des Légions d'Honneur du 16 août 1804, le maréchal Soult propose d’élever à Boulogne un monument à la gloire de l’Empereur, financé par les soldats, sous la forme d’une colonne de marbre d’une cinquantaine de mètres, du haut de laquelle une statue de l’empereur dominerait tout le paysage.
Commencé en 1809, le chantier se voit fini en 1824 pendant la Restauration mais il faut attendre le règne de Louis-Philippe pour qu’une statue de Napoléon vienne enfin couronner la colonne.
Statue qui se trouve désormais dans le musée depuis qu'elle fut remplacée en 1962 par l'actuelle.

Le musée du site vous présente en détail de façon très intéressante l'histoire du monument et son lien avec l'Ordre de la Légion d'Honneur.

Le 19 Floréal an x (19 mai 1802), Napoléon décide, par décret, l’instauration de l’Ordre national de la Légion d’Honneur, et la création d’une distinction, l’étoile de la Légion d’Honneur. Napoléon souhaite se distinguer des ordres de l’Ancien Régime en créant cette nouvelle décoration semblable au bout de son ruban rouge, « à un bijou coulant d’une blessure ».
Cette distinction laïque est ouverte aux civils et aux militaires et récompense le courage et le mérite envers la Nation.
La première cérémonie de la remise de la Légion d’Honneur a lieu le 15 juillet 1804 en l’Église des Invalides à Paris.
La deuxième distribution solennelle se déroule au camp de Boulogne sur Mer le 16 août 1804 face à la mer, dans l’amphithéâtre naturel de Terlincthun. En présence de 100 000 hommes, dont 80 000 sont des soldats, les décorations de la Légion d’Honneur sont remises à 2 000 soldats et 13 civils.

Le projet d’élever un monument à la gloire de l’Empereur naît suite à cette cérémonie.
Un mois après la distribution des croix, le maréchal Soult annonce le souhait des soldats d’ériger, sur les côtes de la Manche, une colonne de marbre surmontée d’une statue de l’Empereur et dont le piédestal serait décoré de bas-reliefs.
Le choix de l’emplacement se porte sur le plateau de Terlincthun dominant le pays, à 2 km au nord de la ville de Boulogne-sur-Mer, et à 200 m de la Route de Calais. Le terrain est cédé par la Ville de Boulogne.
La construction est financée par l’armée et la flottille : les soldats, marins et sous-officiers contribuent mensuellement avec une demi-journée de solde ; les officiers une journée entière.
La colonne et le soubassement sont en « marbre blanc du pays », provenant des carrières de Marquise (précisément Ferques et Blecquenecques).
 Il est davantage problématique de se procurer les 49 tonnes de bronze nécessaires pour la statue et les bas-reliefs. Soult propose une solution à l’Empereur : « Sire, prêtez-moi du bronze pour élever ce trophée, je vous le rendrai sur le champ de bataille ». Quelques mois plus tard, celle qui se nomme désormais la Grande Armée remporte la bataille d’Austerlitz.
En même temps qu’il livre à Napoléon les canons que son corps d’armée venait d’enlever aux Russes et aux Autrichiens, Soult lui écrit : « Sire, je vous ai emprunté du bronze pour la colonne Napoléone, je vous le
rends aujourd’hui, intérêts et capital ».
La première pierre du monument est posée le 9 novembre 1804, date symbolique du coup d’État du 18 Brumaire, l’inauguration a lieu le 15 août 1841, la distance entre ces 2 dates s’expliquant par l’histoire mouvementée du monument, sa construction étant menée au gré des circonstances politiques du moment.

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